Des écrans affichant le logo de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) à Toulouse, le 8 septembre 2025 ( AFP / Lionel BONAVENTURE )
La croissance française a été de 0,9% l'an dernier, a annoncé vendredi l'Insee, comme les économistes s'y attendaient mais meilleure que les espoirs initiaux du gouvernement, qui s'affiche optimiste pour début 2026.
"La croissance a été robuste" en 2025, s'est félicité sur TF1 le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure, "meilleure que les 0,7% que j'attendais" dans le projet de loi de finances initial.
"Ca fait un bon départ pour 2026, où j'espère qu'on fera au moins le 1% qu'on attend", a-t-il estimé.
Selon les estimations provisoires de l'Insee publiées vendredi, au dernier trimestre 2025, le produit intérieur brut a progressé de 0,2%.
Les voisins de la France ont également publié des chiffres de croissance vendredi. En Allemagne, elle a atteint 0,3% au quatrième trimestre, pour 0,2% sur l'année. En Italie, elle a été de 0,7% sur l'année, et en Espagne, de 2,8%, avec un quatrième trimestre en hausse de 0,8%.
Eurostat a annoncé de son côté que la croissance de la zone euro avait atteint 1,5% en 2025, au-delà des attentes, selon une première estimation.
En France, la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance, mais très grippé ces derniers temps, a accéléré en fin d'année, gagnant 0,3% après 0,1% au troisième trimestre. L'investissement a lui ralenti (+0,2% après +0,7%), tandis que le commerce extérieur a de nouveau contribué positivement à la croissance.
- Stocker, déstocker -
Après l'inattendue et vigoureuse croissance de 0,5% au troisième trimestre, le +0,2% de croissance sur les trois derniers mois de l'année 2025 "marque un ralentissement attendu, un contrecoup", a commenté auprès de l'AFP Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade.
Pour lui, l'accélération de la consommation des ménages est "une bonne nouvelle". Lucile Bembaron, d'Asterès, observe toutefois que les Français témoignent toujours de "leur volonté d'épargner" dans les enquêtes de l'Insee.
La production des entreprises a cependant "marqué le pas" en fin d'année, relève l'Institut national de la statistique, avec une augmentation de 0,1% au quatrième trimestre après 0,8% au troisième.
M. Darmet explique que la "production était très allante" au troisième trimestre, et que "des stocks se sont créés". Au quatrième, "les entreprises ont préféré déstocker, notamment dans le secteur industriel et aéronautique", et elles ont moins produit.
"Trop de dynamisme au troisième trimestre, et au quatrième l'entreprise déstocke: c'est le cycle économique assez naturel", selon lui, même si la reprise industrielle "reste assez fragile".
Sylvain Bersinger, du site Bersingéco, remarque que la croissance de 1% attendue en 2026 est dans la veine des années précédentes (1,6% en 2023, 1,1% en 2024 et 0,9% en 2025), alors qu'il "y a encore une dizaine d'années on apprenait aux étudiants que la croissance structurelle française était aux alentours de 2%".
- Révision à la baisse? -
Selon lui, "la probabilité d'une forte révision de la croissance à la baisse est plus élevée qu'une forte révision à la hausse" cette année, en raison des risques géopolitiques, commerciaux, et du prix très élevés des actions, de l'or et des crypto-monnaies, qui pourraient subir "un retournement brutal".
L'année commence cependant, pour les acteurs économiques, avec une situation politique moins pesante qu'en fin d'année, puisqu'un budget devrait être définitivement adopté la semaine prochaine, grâce à l'utilisation de l'article 49-3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays.
Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7% du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec les socialistes, qui devraient ramener le déficit au mieux à 5%, après 5,4% en 2025, selon les dernières projections du ministère des Finances.
Pour la Première présidente par intérim de la Cour des Comptes Carine Camby, il est "urgent d'agir", et de réduire les dépenses. Car, a-t-elle prévenu jeudi, il est "vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette".

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